Une greffée parle des cérémonies Arbres de vie
Publié le : 16-06-2026
Pour la 1ère fois depuis sa greffe bi-pulmonaire, Isabelle nous a fait part de son témoignage de greffée lors de la cérémonie « Arbre de vie » de Pabu ce 6 juin. Elle raconte en quoi ces cérémonies de France ADOT lui permettent, symboliquement, de remercier son donneur anonyme et ses proches
« Après 10 ans sous oxygène, j’ai eu la chance de recevoir une greffe bi pulmonaire.
En 2015 j’ai rencontré un pneumologue spécialisé en greffe à l’hôpital Foch, à Suresnes en région parisienne. J’ai fait des tests en 2016, il n’y avait rien d’urgent. Je vivais correctement, j’arrivais à faire mes activités avec mes bouteilles d’oxygène h24. Mais je pouvais rentrer dans un protocole de greffe. Tous les ans je faisais un bilan à Foch, et je suivais une réhabilitation respiratoire à Morlaix, pendant 1 mois, pour conserver le peu de capacité respiratoire qui me restait.
En 2023 ma capacité respiratoire a beaucoup diminué. Le souffle court en permanence, tout était devenu une corvée. J’ai décidé de dire oui à la greffe, je me voyais tellement diminuée. J’ai refait un bilan complet en octobre. On m’a proposé l’inscription sur liste d’attente. J’ai voulu laisser passer les fêtes de fin d’année pour profiter de ma famille.

Isabelle pendant son témoignage émouvant
En janvier 2024 je suis retournée à Suresnes. Il fallait me trouver un centre de réhabilitation pour patienter avant l’appel pour la greffe. Je devais être à moins de 4 h du centre de greffe. J’ai eu une place dans un hôpital parisien où je pouvais continuer mes activités avec les kinés. J’ai attendu 6 semaines avant d’être contactée. Le professeur Edouard Sage m’a appelée début mars 2024. Il y avait un greffon de disponible. Et là tout est allé très vite …
Ma fille habitant la région parisienne a pu me rejoindre, pendant la préparation. J’ai eu une transfusion de plasma avant l’intervention car mon taux de comptabilité immunitaire (anti Hla) était trop élevé.
L’intervention a duré 8 h. J’ai eu quelques complications, mais il y a eu à chaque fois une solution. En soins intensifs j’ai recommencé à marcher. C’était très dur, je n’avais pas imaginé ça si dur. Heureusement j’étais bien entourée au niveau familial. Je suis restée dans le centre jusqu’au 26 avril.
Mais je suis restée connectée à ma région. Je lisais notre Presse Paimpolaise, et L’Echo de L’armor et de L’argoat. Ainsi j’ai eu la joie de lire qu’un arbre de vie venait d’être planté dans ma commune, Paimpol. J’y ai vu un signe du destin.
Début juin 2024 cet arbre a été baptisé, je me suis dit il faut absolument que j’y aille. Et là j’ai rencontré l’équipe de l’ADOT 22 …
Puis je suis allée à celui de Guingamp, ma commune d’enfance, et maintenant ici à Pabu, ma commune de naissance.
En hommage à mon donneur et sa famille, que je ne peux remercier qu’avec des mots, je vais me recueillir très souvent devant cet arbre de vie à Paimpol. Cet arbre est très important pour moi. Il symbolise vraiment la vie, la respiration. Une famille a dit oui au don et a donné une chance à une personne en attente de greffe.
Je remercie sincèrement mon donneur, sa famille et toutes les personnes qui ont dit oui face à la douleur de perdre un des siens.
Je remercie aussi les soignants car sans eux, tout ça n’aurait pas eu lieu ».
Isabelle, juin 2026
Transmis par l’ADOT 22

