France Adot

Un cœur rapidement, sinon rien !

Greffe du cœurpour Tiphaine

Dessin de Tiphaine, offert à son cardiologue

Mon histoire pourrait commencer par « Il était une fois », comme les contes de fées, car elle se termine de façon heureuse mais le début est tout autre. Je vous laisse en juger

Un peu de stress

J’ai 51 ans. Je suis infirmière depuis 22 ans dans différents services.

Le 1er juin l’établissement dans lequel je travaille m’a proposé un poste d’infirmière Référente au sein de l’unité de Soins Continus. J’ai accepté. Ce poste a entraîné beaucoup de stress.

Début août, nous partons en vacances dans le Lot, en famille. Au bout de 2 jours, une petite douleur dans la poitrine est apparue lors d’une balade. Le lendemain cette douleur est revenue un peu plus longtemps. Je n’en ai pas parlé à mon époux, je me suis seulement dit que j’étais encore stressée et fatiguée, que je consulterai en rentrant.

La nuit suivante j’ai eu des diarrhées, des nausées et un mal être. Vers 8h, la douleur dans la poitrine est revenue mais plus intense et ne cédant pas au repos. J’ai dit à mon mari d’appeler le 15 car je savais que je faisais un infarctus.

Nathalie – Juillet 2023

La prise en charge

L’ambulance est arrivée seulement au bout de 30 min car la location était isolée. Lors du transport, 35 min, c’était intenable car je savais ce qui m’arrivait. A l’hôpital de Figeac la prise en charge fut immédiate, avec une thrombolyse, mais pas de plateau technique cardiologique pour une coronarographie en urgence. Il a fallu me transférer vers Montauban. Sur place, la thrombolyse ayant été efficace, la coronarographie fut faite l’après midi avec la pose d’un stent. Mais l’infarctus avait fait des dégâts et je me retrouve avec une insuffisance cardiaque. Je me sentais très fatiguée, avec un peu de sang autour du cœur. Le lendemain matin, toujours cette fatigue et ce mal être. Le cardiologue me fait une échographie et juge que l’épanchement est devenu trop important. Il me transfert à l’hôpital de Rangueil pour une prise en charge chirurgicale.
A Toulouse, prise en charge immédiate au bloc pour une ponction de cet épanchement. Un premier arrêt cardiaque. S’ensuit tout un tas d’examens, retour au bloc et second arrêt cardiaque de 15 min. Lors de la réanimation mon cœur explose dans ma poitrine a cause d’une rupture du ventricule gauche. Mise sous Circulation extra corporelle (ECMO) en urgence avec une échéance de vie très courte.

En attente d’un cœur

Les chirurgiens me placent en super urgence sur la liste d’attente, dans l’espoir d’avoir un donneur rapidement. 3 jours après, un cœur est disponible. Une chance inouïe. Je suis transplantée la nuit du dimanche au lundi avec succès.
Les suites opératoires ont été simples. Je suis restée 15 jours en réanimation, 5 jours en chirurgie cardiaque, puis transfert au CHU de Lille, en cardiologie. Début septembre j’arrive au centre de rééducation de Oignies. J’y suis toujours, pour me retaper.

Et maintenant ?

Pendant toutes ces hospitalisations, mon mari est resté auprès de moi, et je le remercie et je l’aime pour ça. Nous n’avons pas vécu l’expérience de la même façon. Ce fut difficile psychologiquement pour lui et ma famille, moi ce fut physiquement.

Merci à mon donneur !

Nathalie – Septembre 2023

Je tiens à remercier mille fois mon donneur. Et sa famille, d’avoir respecté sa volonté … d’être « pour le don d’organes ». Son cœur, qui m’a sauvé la vie et qui est devenu le mien, me permet de poursuivre mon chemin de vie auprès des miens.
En tant qu’infirmière j’ai toujours été pour le don d’organes et en ai discuté avec ma famille. C’est ce qui m’a aidé à accepter rapidement mon nouveau cœur.
A présent, je compte bien croquer cette seconde chance à pleines dents et profiter de cette belle étoile qui m’a été offerte.
On prend conscience que la vie est trop courte quand il nous arrive un grave problème de santé. Il faut savoir lâcher prise à temps. Une belle leçon de vie pour moi et ma famille.
A présent, je vais lever le pied, car je ne pensais jamais que cela m’arriverait, en ayant une vie saine. Personne n’est à l’abri, donc il faut d’abord penser à soi.
Ce sera ma devise dorénavant.

Nathalie,
Transmis par FRANCE ADOT 62, septembre 2023

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