Marie-Christine raconte la soudaine maladie de son époux Christian, la longue attente de sa greffe, la greffe salvatrice enfin … et la vie qui reprend
La maladie
On ne s’y attend pas ! Le téléphone sonne ! C’est la généraliste qui appelle Christian pour lui annoncer que son bilan sanguin n’est pas bon. Il doit passer rapidement son échographie du foie !
Dès ce moment, je passe de l’épouse à l’accompagnatrice au sein de la maladie. Nous sommes en juin 2016. Les résultats du radiologue confirment une cirrhose Nash, ce qui justifie la fatigue récurrente de Christian. Le verdict définitif est sans appel : certains l’appellent maladie de Soda, d’autres maladie du foie gras mais de son nom médical, il s’agit d’une stéatohépatite non alcoolique ou cirrhose Nash. La consommation excessive de graisse et de sucre, le manque d’activités physiques en sont les principales causes.
Nous devons consulter un spécialiste hépatologue. Très vite, une évidence s’impose : l’inscription auprès de l’agence de la Biomédecine pour une transplantation hépatique, ceci d’autant que le 1er janvier 2017 Christian est transféré aux urgences de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière pour une hémorragie œsophagienne. Désormais, chaque mois, il est convoqué en hépatologie afin de surveiller l’évolution des varices gastriques. En septembre, la dernière échographie révèle le développement de métastases au foie.
L’attente interminable
Pendant toute la période d’attente de la greffe, notre vie semble suspendue, comme mise entre parenthèse. Les consignes imposent de ne pas nous éloigner de notre domicile au cas où nous serions appelés. Nos loisirs théâtre sur Paris, voyages, sont suspendus quelques temps. Nous ajournons même nos vacances en France. Nous dormons avec le smartphone allumé dans l’espoir d’être appelé.
Les rendez-vous et bilans médicaux sont nombreux. Rappels de vaccins, dentiste, test d’apnée du sommeil, cardiologue … L’attente est longue.
En février 2019, en pleine nuit, le portable sonne à trois heures du matin. A l’autre bout du fil, c’est la voix de Géraldine, l’infirmière coordonnatrice : « Je vous appelle pour votre greffe. Présentez-vous demain à 9 heures ». Le sentiment est à l’heure de la délivrance. Le moment tant attendu est tout proche.
La greffe enfin
Un taxi nous conduit à l’hôpital. Nous attendons jusqu’au milieu de l’après-midi. 15 heures, Christian est emmené au bloc opératoire par Géraldine. Je rentre seule à la maison. Il est presque minuit quand mon smartphone sonne. C’est la chirurgienne qui a pratiqué l’intervention. Elle me rassure : « Tout s’est bien passé ! » Je la remercie et me remémore mes mots « Vous faites un métier formidable ». Dès le lendemain, je suis autorisée à rendre visite à Christian en soins intensifs. Il rentrera après trois semaines d’hospitalisation. Notre vie normale reprendra progressivement.
La vie qui reprend son cours
Sept ans après la greffe, le traitement principal repose sur la prise d’immunosuppresseurs, afin d’éviter tout rejet. Les visites avec l’hépatologue se sont espacées. Une visite semestrielle s’impose ainsi que des contrôles sanguins réguliers.
Christian se souvient encore de l’anesthésiste du bloc. Il est surpris qu’il lui demande de choisir une musique d’endormissement : « Oh, entre autres, je suis un grand fan des Rolling Stones ». La Rock’n roll attitude de Sympathy for the Devils l’accompagnera bien pour l’endormir pour ses un peu plus de 8 heures d’intervention.
Chaque jour Christian pense au donneur anonyme qui lui a sauvé la vie. Chaque année en février on fête l’anniversaire de sa « renaissance ».
Depuis, par reconnaissance aux personnels soignants, je me suis engagée à titre personnel en bénévolat à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et tout récemment auprès de France ADOT.
Remerciements aux familles de donneurs.
Marie-Christine Ducrez, épouse de Christian,
Bénévole auprès de France ADOT 91
Mars 2026
